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Background Illustrations provided by: http://edison.rutgers.edu/

Avant-propos

ON NOUS RÉPÈTE sur tous les tons que nous avons la chance de vivre dans un pays démocratique où nous choisissons librement ceux qui nous gouvernent, où nous sommes égaux devant la loi et la justice, où des programmes sociaux assurent un minimum vital à chacun. Et il est vrai qu’en apparence nous n’avons jamais été aussi libres. Nous disons tout ce que nous voulons sur les réseaux sociaux. Les magasins sont pleins sept jours sur sept. Les autos à un seul passager congestionnent les routes. Nous ne manquons de rien.

Mais nos chaines sont dans notre tête. Nos cartes de crédit sont nos prisons, nos dettes et celles de l’État nous entravent. Notre dictature est celle des «créateurs de richesse» qui sculptent notre imaginaire, nos aspirations, nos besoins, et manipulent nos représentants. Nous sommes tous les esclaves d’une classe dominante qui n’obéit qu’au désir effréné de profit et de richesse.

Notre démocratie est malade. Nous sommes de moins en moins nombreux à participer au processus électoral et à croire que notre vote peut changer quoi que ce soit. Pourtant, par impuissance ou inconscience, nous nous laissons encore prendre au jeu à chaque nouvelle élection.

Ce mal est présent à tous les niveaux de gouvernement et dans tous les pays dits démocratiques. Les mouvements de contestation populaire en témoignent: printemps arabe, Occupy, carrés rouges, Idle No More, contestations en Ukraine, au Vénézuéla, au Chili, en Grèce, en France, en Espagne, etc. Les citoyens se sentent trahis par des politiciens bien peu soucieux de l’intérêt général, des inégalités sociales et du saccage planétaire. Chacun d’entre nous le sait ou le devine: les banquiers et les lobbys mènent le bal.

En tant que citoyens, nous sommes réduits à l’impuissance. Devant l’exploitation pétrolière, les changements climatiques, la destruction de notre environnement, la spéculation et le crédit, les paradis fiscaux, la corruption, le contrôle de l’information, les écarts de richesse et bien d’autres enjeux encore. Notre démocratie est devenue un train fou qui nous mène vers la catastrophe.

Notre système de représentation est au cœur de notre sentiment d’impuissance. En concentrant le pouvoir entre les mains d’un petit groupe sur lequel les électeurs n’ont pratiquement aucune emprise, les institutions démocratiques privent le peuple de son pouvoir et de sa liberté d’action. Nous avons le choix de tolérer, d’améliorer ou de remplacer cette soi-disant démocratie de représentation.

Ce livre est un manifeste, un cri du cœur pour dénoncer le mensonge démocratique qui nous aveugle, un appel à la souveraineté du peuple, un guide et un plan d’action pour nous permettre de redéfinir nous-mêmes nos institutions démocratiques.

Pour ma part, je n’en peux plus. Je ne veux plus jouer le jeu. Je crois qu’il faut tout tenter pour reprendre le contrôle avant qu’il ne soit trop tard. Et je suis convaincu que cela est possible, à condition de nous faire confiance, en tant que citoyens, et de ne pas céder à la résignation. Comment le faire? Je vous propose les pistes de solutions qui se sont imposées à moi tout au long d’une vie d’engagement citoyen.

C’est à nous tous, citoyens de tous âges, de nous approprier ces propositions, de les développer et de les mettre en œuvre. J’estime qu’il en va non seulement de notre santé démocratique, mais aussi de la survie de notre espèce sur cette petite planète improbable qui est la nôtre.

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Roméo Bouchard - Constituer le Québec. Pistes de solution pour une véritable démocratie